Archive for juin 23rd, 2007

L’anarchie de A à Z - « N » comme Nationalisme

La fierté nationale, quel sentiment étrange! Comme il est facile d’oublier que la « nation québécoise » s’est construite grâce au pillage des terres et à l’extermination quasi complète d’autres peuples et cultures. À qui appartient la « nation »? Aux travailleurs et aux travailleuses qui l’ont construite ou aux élites qui en ont profité? Qui décide de « l’avenir de la nation », des « valeurs de la nation »? Que penser du paradoxe de l’exaltation de la fierté nationale d’une part et du fatalisme qui entoure toute discussion sur la mondialisation et « l’ouverture » de l’économie…

S’il semble aujourd’hui « normal », le nationalisme n’a pas toujours existé. Il a été inventé de toute pièce à une époque où la bourgeoisie construisait des États pour encadrer les marchés qu’elle entendait dominer. Le nationalisme fut le ciment permettant et justifiant la création de l’État-nation. Ce processus de création d’une nouvelle « communauté politique », soudée par le nationalisme, n’a pas été simple et sans contradictions. Plusieurs nations peuvent en effet se côtoyer sous un même État, pensons notamment aux pays d’Europe ou au Canada…

L’utilité du nationalisme du point de vue des élites est évidente. Détourner les masses en général, et la classe ouvrière en particulier, des conflits sociaux qui surgissent périodiquement à l’intérieur même de la « nation », notamment en ce qui concerne la répartition de la « richesse nationale », pour les mobiliser dans une compétition internationale avec les autres « nations » ou contre les « étrangers ». On sait que l’exacerbation de cette compétition internationale mène à des guerres fraticides et autres « interventions militaires ». La bénigne « fierté nationale » se mue alors en patriotisme revanchard et réactionnaire qui fait de « l’autre » un ennemi.

Pour faire face au nationalisme, le mouvement ouvrier a historiquement proposé l’internationalisme. L’idée toute simple que les travailleurs et les travailleuses des différents pays avaient plus d’intérêts en commun qu’ils et elles n’en avaient avec leur bourgeoisie respective. Ça ne signifie pas renier nos identités particulières, simplement de reconnaître deux choses : d’une part que la diversité culturelle est une richesse de l’humanité ; et, d’autre part, qu’au delà de ces identités particulières nous participons tous et toutes d’une même humanité. Au nom de cette commune humanité, nous ne saurions tolérer d’exploitation et d’oppression d’aucune sorte.

S’opposer ainsi au nationalisme, lorsque l’on vit dans les pays impérialistes, est relativement simple. Le problème est que le nationalisme des uns est aussi l’impérialisme des autres et qu’il existe dans le monde de nombreuses situations d’oppression nationale. Dans ces cas, le nationalisme n’a pas inévitablement un contenu entièrement négatif et réactionnaire. Certains révolutionnaires pensent pouvoir prendre un raccourci en empruntant la voie nationaliste dans les pays dominés par l’impérialisme. Les anarchistes ne sont pas d’accord. Nous croyons que la défaite de l’impérialisme ne viendra que d’une révolution sociale menée contre les impérialistes et la classe dirigeante locale. Cette révolution sociale devra se répandre au delà des frontières nationales. Nous devons encourager et développer la solidarité internationale qui un jour jettera la base pour une révolution sociale globale.

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Extrait de Cause commune no 15

Communiqué de la Coalition Guerre à la guerre: Valcartier 2007

COMMUNIQUÉ
Pour diffusion immédiate
 
Mission accomplie : défilé défié!

Québec, 22 juin 2007- La Coalition Guerre à la guerre:
Valcartier 2007 est fière d’annoncer qu’elle a atteint son
objectif de défier le défilé du Royal 22ème régiment dont les
troupes partiront prochainement pour l’Afghanistan. La
mobilisation conjointe de Québec pour la paix et Guerre à la
guerre a rallié près de 700 manifestantEs de partout au Québec.

La coalition invite maintenant la population canadienne à se
mobiliser d’un océan à l’autre afin d’exiger le retrait des
troupes canadiennes d’Afghanistan.

-30-

Source : Coalition Guerre à la guerre: Valcartier 2007
(418) 930-2207
(418) 208-7059

Un succès sur toute la ligne !

La manifestation d’hier soir, organisée par la Coalition Guerre à la guerre: Valcartier 2007 et la coalition de Québec pour la paix, fut un succès total. Près de 700 manifestant(e)s se sont réunis pour manifester leur opposition à la participation militaire canadienne en Afghanistan, dans le calme. Il n’y a eu aucun acte de violence (venant de notre camp) ni aucune casse. Les personnes ayant continué de manifester avec le contingent orange ont réussi à perturber le défilé militaire, sans l’interrompre. Nous avons pu scander nos slogans et nous faire entendre.

J’étais impliquée dans Guerre à la guerre depuis la fin mars et je suis vraiment contente et fière du travail accompli. J’ai vécu une super belle expérience militante, malgré les AG qui étaient longues et ardues. Je suis tellement contente qu’il y ait eu une manif qui a de l’allure dans cette ville si conservatrice qu’est Québec !

Alors…qui sont les violent(e)s ?

Le 93,3 (une radio-poubelle de Québec) avait décrit les manifestant(e)s de la manifestation d’hier soir comme des casseurs fous, que nous allions lancer des pierres aux familles…bref que des clichés mille une fois entendus sur les libertaires. Mais la violence n’est pas venue du camp des manifestants, mais bien de celui des supporteurs des militaires. Aucun(e) manifestant(e) n’a frappé de supporteur(e). Il n’y a eu aucune violence physique, ni de casse venant de notre camp.

Alors que du camp des supporteurs, il y a eu de la violence physique (un manifestant a été frappé à la tête sans raison apparente) et également des propos injurieux (quoique que dans ce cas, ça faisait partie de la «game»).

Je vous repose donc la question: Qui sont les violent(e)s ?